FACULTE DE MÉDECINE DE PARIS
Année 1877
POUR
LE DOCTORAT EN MÉDECINE
Présentée et soutenue le 16 avril 1877,, à 1 heure.
Par Amice-Reay BARRER,
Né à Stoke on Irent (Angleterre), le 20 août 1851.
CONSIDÉRATIONS
SUR LES SOINS A DONNER A LA FEMME
EN DEHORS DE TOUT ACCIDENT
AVANT, PENDANT ET APRÈS L’ACCOUCHEMENT
Président de la Thèse : M. DEPAUL, Professeur. . . '
i YULPIAN, Professeur ,
uges : MM. j j> AMASGHINOj LEGOPiCHÉ, Agrégés.
Le Candidat répondra aux questions qui lui seront faites sur tes diverses-
parties de l'enseignement médical
PARIS
A. PARENT, IMPRIMEUR DE LA FACULTÉ DE MÉDECIN*
31, EUE MONSIEUR-LE-PRINCE, 31
r877
Sïïm rnIlljBIljî ITI|1tiTjTnTjrmjTnTpllT|rDl|<mjtIrt|Mll|lllljVllïjiTII|tlll|lTiljIIII|lil-lJltli|Hll|lNljI'nTpTTTjl.lllj-lllf|riUjIMl|ir«|ttflj*lH|'ÎTIl
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THÈSE
FACULTE DE MEDECINE DE PARIS
Doyen.*. M. VULPIAN.
Professeurs. affipwv
Anatomie. . . ..SAPPEY.
Physiologie...GAVARRET
Physique médicale. ..... • • ..
Chimie organique et chimie minérale, . . • vvUrllZ.
Histoire naturelle médicale. .BAILLON.
Pathologie et thérapeutique générales.CHAUFFARD.
i JACCOUD.
Pathologie médicale.. .... J PETER.
I N.
Pathologie chirurgicale ..j TRËLAT.
Anatomie pathologique.CHARCOT.
Histologie. .. .ROBIN.
Opérations et appareils. .LE FORT.
Pharmacologie.. . ... . REGNAULD.,
Thérapeutique et matière médicale. ...... GUBLER.
Ilygièn".... ... ..... BOUCHARD AT
Médecine légale ..TARDIEU.
Accouchements, maladies des femmes en couche
et' des enfants nouveau nés... PAJOT.
Histoire de la médecine et de la chirurgie. . . PARROT
Pathologie comparée et expérimentale. , . . . VULPIAN.
SEE (G.).
, LASEGUE.
Clinique medicale. .. ... HARDY
POTAIN.
RICHET,
i GOSSELIN.;
B'ROCA
Clinique chirurgicale- ..VERNEUIL.
Clinique d’accouchements.DEPAUL.
Doyen honoraire : M. WURTZ
Pro/esseurs honoraires •
|MM. BOUILLAUD, le Baron J. CLÜQUET et DUMAS,
Agrégés en exercice.
MM. MM. MM. MM.
ANGER. CHARPENTIER. FERNET. LËCORCHÉ.
^BERGERON. DAMASCHINO. GARIEL. LE DENTU.
BLUM. DELENS. GAUTIER. NICÀISE.
fBOUCHARD. DE SEYNES. GU^NIOT. OLLIVIER.
, BOüCHARDAT. DUGUET. HAYEM. RIGAL.
;brouardel. duval. LANCEREAUX. TERRIER.
C ADI A T FARABEUF. LANNELONGUE.
Agrégés libres chargés de cours compléittaoitatres.
Cours cliniqus des maladies de la peau. . ..MM. N.
des maladies des enfants. N.
des maladies mentales et nerveuses. .. BAIL,
—*■ de l’ophthalmologie . . .. . . PANAS.
r_, des [maladies des voies urinaires. GUYON.
de maladies syphilitiques ....... .. ..,«—..... FOURN
Chef des travaux anatomiques. . . . . . Marc SE
Le Secrétaire de la Faculté : PINET.
Par délibération en date du 9 décembre 1798, l’Ecole a airêté que les opinions omises
dans les dissertations qui seront présentées doivent être considérées comme propres a
leurs auteurs, qu’elle n’entend leur donner aucune approbation ni improbation.
A MON PRÉSIDENT DE THÈSE
M. DEPAUL
Professeur de clinique d’accouchements à la Faculté de Paris
Chirurgien de l’hôpital des Cliniques,
Membre de l’Académie de médecine,
Commandeur de la Légion d’honneur.
A MES MAÎTRES DANS LES HOPITAUX
M. EMPrS
Professeur agrégé à la Faculté de Paris,
Médecin de l’hôpital de la Charité,
Membre de l’Académie de médecine.
M. GUENEAU DE MUSSY
Médecin de l’Hôtel-Dieu,
Membre de l’Académie de médecine.
M. Léon LABBÉ
Professeur agrégé à la Faculté de médecine,
Chirurgien de l’hôpital de la Pitié.
jsnbabàm s h aimtbeaA'I sb siclwsl'/i
orJMi M. ï)ESNOS '
Médecin de l’hôpital de la Pitié.
M. Germain SÉE
Professeur de clinique médicale à la Faculté de Paris,
Membre de l’Académie de médecine,
Médecin de l’hôpital de la Pitié.
M. Marc SÉE
Chef dès travaux anatomiques de la Faculté de Paris.
CONSIDÉRATIONS
sua
-V" è -y,h UioA
LES SOINS A DONNER A LA FEMME
EN DEHORS DE TOUT ACCIDENT
AVANT, PENDANT ET APRÈS L’ACCOUCHEMENT
Comme l’indique le titre de notre thèse, nous
avons borné notre étude aux soins nécessaires
dans les cas normaux, et nous n’avons pas voulu
entrer dans l’indication des dispositions spéciales
que réclament les nombreuses complications au
cours de la grossesse, de l’accouchement même ou
des suites de couches. Notre travail se trouve na¬
turellement divisé en trois parties, qui sont les
suivantes :
Des soins à donner pendant la grossesse ;
Des soins à donner au moment de l’accouche¬
ment ;
Des soins à donner pendant l’état puerpéral.»
Dans la deuxième partie, qui concerne les soins
- 6 -
réclamés par la femme en travail, nous nous
sommes rigoureusement abstenu de toucher à ce
qui regarde la pratique de l’accouchement et de
la délivrance, ou pour ainsi dire le manuel opéra¬
toire ; bien qu’il n’y ait en effet là que le dénoue¬
ment naturel d’un état physiologique, ce sont après
tout des opérations et, à ce titre, elles ne rentrent
pas dans notre sujet.
Avant de terminer nos études et de quitter à la
fois l’École de Paris et la France, nous voudrions
exprimer ici notre vive reconnaissance pour la
bienveillance que nous avons toujours trouvée
chez nos professeurs de la Faculté et chez nos
maîtres des hôpitaux. Nous aimerions seulement
à penser que nous nous montrerons digne de l’en¬
seignement que nous avons reçu d’eux, mais en
tout cas nous ne pourrons jamais oublier l’accueil
si hospitalier qui nous a été fait à la Faculté de
Paris et les heureuses années d’étude que nous y
avons passées.
I.
DES SOINS A DONNER PENDANT LA GROSSESSE.
On considérait autrefois la femme enceinte
comme très-fréquemment atteinte de pléthore, ou
du moins comme ayant une tendance à cette dis¬
position. On mettait aussi toujours sur le compte
de cet état pléthorique les différents troubles fonc¬
tionnels qui se rencontraient au commencement,
ou bien encore aux derniers mois de la grossesse,
comme par exemple céphalalgie, somnolence, ver¬
tiges. tintements d'oreille, palpitations, dys¬
pnée, etc. Cette manière de voir conduisait natu¬
rellement à combattre, par un traitement de dé¬
plétion, ces divers désordres, alors même qu’ils
n’étaient encore déclarés et en quelque sorte par
mesure de précaution; on employait en consé-,
quence les moyens qu’on regardait comme pro¬
phylactiques et hygiéniques. On pratiquait chez
les femmes la saignée du bras à plusieurs reprises
pendant la grossesse.
Cette théorie est maintenant, d’une façon géné¬
rale, renversée, et on considère comme rares ces
cas de grossesse avec prédisposition à la plé¬
thore.
La théorie qui s’est substituée à cette dernière
et qui paraît être plus près de la vérité, est que la
condition de la femme enceinte est plus rapprochée
d’un état chloro-anémique que de la pléthore. Ces
principes reposent sur les analyses qu’on a faites
du sang de la femme pendant la durée de la ges¬
tation, et aussi sur l’analogie qui existe entre, les
troubles fonctionnels de la grossesse et ceux qui
se manifestent dans la chloro-anémie. On a con¬
staté (1), surtout dans les derniers mois, qu’il y a
(1) Regnauld. Thèse.
— 8 — '
diminution dans les globules, dans l’albumine du
sang, en même temps qu’augmentation dans la
quantité d’eau et de fibrine. De nouvelles indica¬
tions résultent naturellement du fait qu’on regarde
maintenant la femme comme ayant subi normale¬
ment une modification de circulation et comme
étant toujours sur le point de devenir chloro-
anémique.
La femme n’est plus soumise aux émissions
sanguines; au contraire, elle doit être mise à un
régime réparateur, autorisée à manger à son
appétit.
il est à peine nécessaire de parler des vêtements
que doit porter la femme. Nous dirons seulement
que ses vêtements doivent être tels qu’ils ne com¬
priment ni l’abdomen ni les seins et qu’ils laissent
entièrement libre la circulation. Nous ajouterons
aussi que dans le cas où il y aurait tendance du
fond de l’utérus à se porter trop en avant, la
femme devra porter une ceinture hypogastrique
faite avec soin ; on empêchera ainsi une obliquité
antérieure de se produire.
L’attention du médecin ne doit pas négliger un
point important de l’hygiène obstétricale, nous
voulons parler de l’exercice. A considérer la chose
en général, il est évident que tout exercice violent
doit être évité, de peur de provoquer quelque ac¬
cident comme une hémorrhagie ou un avortement;
évident aussi que l’exercice modéré est utile pour
tenir la femme,en bonne santé. Une remarque qui,
a son importance, c’est qu’elle ferait mieux de Je,
prendre à pied qu’én voiture. En ^oiture, en pffet^
et en chemin de féi;, elle es^ exposéeQ recevoir des
secousses qui pourraient avoir des conséquences}
sérieuses, surtout jsi la femme est prédisposée -à }
avorter. Il y a des périodes où elle doit plus qu’à
d’autres se garder de s’exposer a de trop grands
mouvements ce spni tes’périodes qui correspon¬
dent aux époques menstruelles, et, plus particu¬
lièrement pendant les troisième et septième mois,}
ihoâiénfs où on voit survenir Te plus fréquemment
les avprtèments et les accdÙchëmehts prématurés.
Lès fémmes qui ont déjà eu des fausses couches?
doivent tout spécialement se bien Surveiller à 1 des’
moments aüssi bieti qu’a la péridde qui Cordés-^
pdnd aux ; avortements précédente, car Quelques-
unes paraissent aèqüérir l’habitude" d’avorter à
dite date fixe dans le cours dé la' grossesse'. 101/00
i i Lés bains ne doivent $ pas êtré ihterdits à ld
femme énCeinte d’uné manière générale; On abitê
dés expériences qui tendraient à montrer que lès
bains même froids et l’hydrothérapie ont une
fluenbe plutôt bonne que mauvaise; suipleeourè; et
la terminaison de la grossesse. Les bains chauds
seuls ire conviennent pas à cause de leur ; effet
débilitant. .-'.jiBLhon i/o rjfliHqet si iirm-nq h
:} [ L’urine ne doit pas être négligée, et on fera bien
de If examiner pendant le cours de la grossesse»
b. 2
— 10 —
titëm-'âm le dèàd&ff n’f & eü ni^titôcédertts
<féclàmp3ie ni traces d'anasarqué. La précaution
est d’autant plus* ratidÜfiéîfe* que la femme est
primipare. On se mettra ainsi en garde contre
l'existence de tout signe d'albumine. On sait en
effet, selon lés recherches de Frerichs, que fé-
cldmps'ie peut meme se déclarer sans être précé¬
dée, comme d’habitude, par de l’oedème.
L’Une des règles auxquelles doit s'astreindre le
médecin est d’interroger la femme, soit immédia¬
tement, soit dans-le cours de la grossesse, de façon
à se mettre en garde contre les difficultés et les
surprises que sans cela il ine peut prévoir. Après
avoir fait* cela va sans dire, le diagnostic de la
grossesse, il devra s’informer, en cas de multipa¬
rité, du cours et de la -terminaison des gros¬
sesses antérieures, rechercher s’il y a des fausses
couches et essayer; dfen découvrir la cause ; la
femme est-elle primipare, il s’informera avec soin
de la question de savoir #’il y a eu du rachitisme
dans les antécédents^ et soumettra le bassin à
un examem interne, et il fera de même chez la
multipare; [qui? n’a pas eu d’enfants à terme. 11 est
évident que*: au fait des accidents survenus dans
le§ grossesses antérieUreSydl pourra mieux prévoir
et prévenir la répétition des accidents. nidèf;
h:; Telles sont les indications générales que le
médecin devra'avoir présentes Jà l’esprit en face
e .a
de'la grossesse .el les précautions pratiques rqu’il
' a SëVü0P#idVrél ri, ’ jî h èiaqà'iq nu'î f effl xuob 'liovs’b
H'nBoibio o'ibm ( la piorhiinaos s ramai si ôo f ol fih
900 : . i-rrW -v-
DES SOINS A DONNER PENDANT JU’ACfiO.DAUEMENX.
Il va sans dire que lé ; médecin ^n’arrivera ,au-
près de la femme dite en .travail qu’après s’être
muni -des différents objets dont 11 pourrait avoir
besoin dans l’intérêt delà femme ou de l’enfant.
.Son premier soin sera 4e s’infermer-sifla femme
est vraiment<en Iravail et 4 quelle période du tra¬
vail elle en est. Il procède ensuite au diagnostic
delaiprésentationret; de la .pp^itioii, et s’assurera
que l’enfant est vivant. Tout cela fait, il peu! s’oc¬
cuper des soins nécessaires en .commençant à
porter son attention sur les, arrangements prépa¬
ratoires qui concernent le lit, la chambre* >etp, ifcgs
dispositions quant ù la chambre que doit occuper
la femme pendant son séjour .au lit, isopt, 3 pour la
plupart, prises sans que l’on ait vconssuffé leonéde-
pin , de sorte,.qu’il ne .lui reste pu’à les ratifier, à
..moins qu’il |ii’y trouve de : graves inconvénients.
Il .devra tcependant exiger que .la .chambre-soit
,aussidranguille, .spacieuse pf facile à aérer .que
possible, puisque l’observation 4es ..règles 4’hy-
,giène|cpnstituevuneiparliopssenlielledudraitement
„des femmes.en couches.
—ma —
II’ En France et en Allemagne, on a l’habitude
d’avoir deux lits, l’un préparé d’une manière spé¬
ciale, où la femme accouchera, et l’autre ordinaire,
dans lequel elle sera portée après la délivrance.
En Angleterre et en Amérique on laisse la
feùi'më àcCOÙchet J SÛr lë r lit qu’ëllé doit occuper
pendant tout le temps qui suivra les couches. Une
' précaution pratique qui ne laisse pas d’avoir son
^importance, consiste à veiller à ce que le lit soit
,J garni, non de plûmes; mais de matelas faits avec
■Ûü clin ou du varech. Nous tt’avons pas ; besoin
de dire que l’avantage de là méthode des deux lits
• ëst d’éViterles dangers quëfont courir à là femme
lès moJvérriehtS de transport d’un lit à l’autre.
j (Üés dangers sont un accroissement de fatigue
•* et d-agitaitioh né^vèüSû; j et-sürtOiit lés hémorrha-
r gies ou les syndopes^cë' dernier péril étant parti¬
culièrement à redouter pour peu que la femme
&â$t éü 'déS pertes un peu considérables. L’avah-
tage^qu^ôrï sé>propose dans la méthode française,
^es't qne làfeminepourra ainsi se reposér dans un
lit frais et propre, une fois lâ délivrance faite,
’ màis oh atteint le même résultat par la méthode
anglaise; en garnissant; lé lit' dë la femme d’une
:i façon qui permètte dè retirer à la fin tous! les
linges et les vêtements souillés, et eelâ aù prix
d’un très-léger déràh^èmênt.' onpcmq x mhioq
1 L1 II est W peine nécessaire d’ajoüter que tout ce
que la femme porte pendant lé travail doit être
— m —
large, anriple, flottant, afin de no la gêner en au^
•Cüne façon. cm f
, La position qu’ occupe la femme pendant le
Jtravail diffère aussi suivant les pays; le décubi-
tus-dorsal est celle qui est adoptée en .France,
tandis qu’en Angleterre, ion- préfères le décubitiis
latéral. ; ; : ::b .
Quant à la position presque universellement
•adoptée en Angleterre, elle a ce grand: avantagé
•qu’elle permet dé découvrir moins la femme.
Mais elle présente en même;temps des inconvé¬
nients dont nous ine r citons que les deux princi¬
paux. Et d’abord il y a toujours une partie de la
force d’expulsion qui est perdue pour- l'accouche¬
ment, parce qu die ü est r employée : à o ramener
4’utérus vers la ligne médiane. Le: second désavan¬
tage est l’incommodité de. cette position dans lés
easou. ou dura à appliquer, le forceps. Schroder. (1)
montre par les statistiqués qué dans le décubitus
dorsal les chances de conservation du périnée sont
les plus défavorables. • •:
, 1 ; Pendant la première période de F accouchement,
période de dilatation^ la femme est libre de prendre
la position dans laquelle/ elle se trouve le plus f à
son aise', sauf dans' des 1 : cas exceptionn eïs lors¬
qu’elle se sent faible ou qu’elle souffre d’une her¬
nie, d’Un œdème, de varices., etc., et - alors elle
' je • .lievjj-it m.- Iu ;bh l-b ; îns;osvfi{* an* sis .mob
*■ (1) Schroder. Manuel d’accoùch'ements,- etcv ; - i -O
doit se coucher dès le début. Mais une fois le col
dilaté, et en tout cas avant la rupture des mem¬
branes, il est nécessaire que la femme se couche,
et cétte iprécauition est surtout indiquée quand
elle aigu plusieurs enfants, caron sait que dansces
circonstances ^expulsion est quelquefois tellement
rapide que l’enfant peut naître la femme debout,
avant; qu’on puisse - arriver à la -faire se coucher.
Il est évident qu’on s’exposerait dans ce cas, non-
seutoent avoir l’enfant précipité sur le sol et de
cordon; se rompre, maisrencore à voir se produire
-un décollement du placenta, une déchirure des
parties-molles ou même un-ren versement complet
-de l’utérus. ;Même dans cette dernière période
cependant, il y/a-des cas où ta femme ferait-bien
de m lever et de use promener, ■soutenue par ;des
aides, si elle ne peut marcher seule, par exeipple
quand les contractions utérines semblent dimi¬
nuer au lieu de s’accroître, car-il semble démon-
tiré qu’un exercice modéré -a l’effet d’exciter la
contractilité de l’organe.
Dans la première période de l’accouchement,
le-médecin doit .porter son attention sur l’état de
.la vessie et du rectum, Gette précaution est d’au¬
tant plus nécessaire qu’il existe le ; - plus souvent
pendanties derniers jours de la grossesse un cer*-
tain degré de constipation et de dysurie. On or¬
donnera un lavement au début du travail, et
on s’assurera que da, jggggjjg #pit :j vidée., spoiitané-
— 15 —
me ntt, m parle cathétérisme, si la femme ne peut
Humer seule. Ges soins ne sont pas seulement!
indiqués* par des motifs de propreté, mais aussi
en raison de certains troubles qui pourraient sur¬
venir si on les négligeait. La vessie reste?t-elle
distendue pendant le travail, elle pourrait consti¬
tuer un obstacle à l’engagement, de la tête au
détroit supérieur et rendre plus difficile! l’expul¬
sion du fœtus. Au moment, de l’expulsion de la
tête, les parois abdominales doivent entrer en
contraction, ruais la femme au contraire suspend
instinctivement ses efforts, à cause de iâi vive
douleur qu’elles réveillent en comprimant la.
vessie ; ou même si elle ne ; les arrête pas, leur
action est paralysée, par la quantité de liquidé
interposé entre ces parois et celle de l’utérus. Il
pourrait eu outre résulter comme, conséquence,
fréquente, de cette distension, une paralysie de la
vessie, qui serait la source de difficultés j ulté¬
rieures. La compression exagérée exercée par la
tête produit quelquefois dans ces circonstances,
des fistules vésico-vaginales. On a même vu dans
des cas rares,, il est vrai, une rupture de la vessie.
Souvent ce n’est pas, la distension de la vessie, qui
fait obstacle à l’engagement de la tête ; éest au-
contraire la comprenions sur lei col de lai vessie,
de la tête déjà engagée qui empêche la miction
spontanée., : onisshè <.•.■
Dans ce cas, on pourrait porter remède ëbf fô-
— m —
sayant de repousser un peu la tête avec les deuxr
doigts. Siees essais ne réussissent)pas, il faudra
pratiquer le cathétérisme au moyen d’une sonde
d ! hoffime qui agira mieux à cause de sa plus grande*
courbure. ' i
Il arrive souvent que la femme en dehors des
douleurs de Faccouchementmême, est tourmentée 1
par des troubles qui, sans pouvoir être classés
dans la catégorie des complications, lâ ! font beau-*
coup' souffrir. Dans la première partie Surtout du
travail, lesdemmes se plaignent très-souvent de
douleurs de reins qui paraissent résulter de-la
pression exercée sur les’ nerfs de cette région par
l’utérus. On recommande de les calmer au môyetf
d’une serviette passée; souè les lombes et tenue
aux deux bouts par des aides qui soulèvent ainsi
un peu la femme. On a aussi conseillé à la femme
de se mettre à genoux et d’appuyer ses mains su$
un objet quelconque assez élevé, afin défaire incli^
ner l’utérus en avant par son propre poids et dé di¬
minuer ainsila compression exercée sur les cordons
nerveux. Mais ce que conseillé M. Stolz comme
lemeilleur moyen de les soulager, ; e’éSt> la pres¬
sion exercée, par un aide vigoureux sur la régioii
sacrée profonde, avec la paume de la main, pen¬
dant la durée de chaque douleur; Il conseillé aussi
(1) Stoltz. Nouveau Dictionnaire de médecine et dë chirurgie
pratique, t.a,;p. 276,, j ; v ^ ( [
?
— il —
comme remède plus complet encore la pression
exercée en même temps sur les genoux et dirigée
vers le bassin, comme si on voulait y enfoncer le
fémur.
Chez les femmes nerveuses il survient quel¬
quefois, au début du travail, des frissons violents.
Il n’y a rien d’inquiétant dans ce symptôme; il
semble plutôt indiquer selon les observations de
Dewees, là terminaison rapide de F accouchement.
Une observation très-nette de ce genre, empruntée
à la pratique de Dewees, est rapportée par Ca-
zeaux.
Pour parler des cran.pes dont souffrent telle¬
ment quelques femmes dans les cuisses et dans
les mollets, on opposera aux sensations doulou¬
reuses, des frictions faites sur l’endroit qui est le
siège de la douleur, ou on conseillera à la femme
dé faire contracter les muscles des membres af¬
fectés, en sens inverse de celui dans lequel agis¬
sent les contractions spasmodiques.
Vers la fin du travail, la femme est très-sou¬
vent tourmentée par une sensation de ténesme:
rectal qui tient à l’action réflexe excitée parla
pression de la tête sur la partie inférieure du rec¬
tum. Dans ces cas, il n’y a rien à faire que de con¬
vaincre la femme, que ce ne sont là que de faux
besoins qui disparaîtront une fois la tête sortie. Il
faut bien se garder de lui permettre de se lever
pour satisfaire ces sensations.
B.
Très-souvent il* arrive que dans les intervalles
des douleurs la femme a une tendance irrésistible
à dormir. Cette tendance doit être favorisée autant
que possible, car non-seulement elle se trouve
ainsi reposée, mais aussi les contractions revien¬
dront, avec plus de régularité et d’énergie.
Dans un accouchement de durée ordinaire, la
femme n’aura pas besoin de nourriture s’il ne s’est
pas passé très-longtemps depuis le dernier repas.
Si an contraire l’accouchement semble traîner
longtemps ou que la femme soit fatiguée, on pour¬
rait lui permettre quelque nourriture légère, et en
cas d’épuisement une petite quantité de vin. Sou¬
vent les femmes demandent à boire pendant Fin-
tervalie des douleurs, mais si on leur permet de se
désaltérer, il faut veiller à ce qu’elles ne boivent
q 1 ue peu à la fois, de peur d’éveiller des vomisse¬
ments, qui surviennent souvent même spontané¬
ment, pendant le travail. Il est mieux aussi, sauf
dans le cas de faiblesse extrême,, de proscrire toute
boisson stimulante à cause de l’agitation qu’elle
peut favoriser.
L’accouchement terminé,, on laisse reposer la
femme quelques minutes pendant qu’on s’occupe
de l’enfant,, pour lui donner les seins nécessaires.
Ce soin ne rentrant, pas dans notre sujet, nous
n’avons pas l’intention, de les traiter ici.; Aussitôt
la délivrance faite, la première chose qui réclame
l’attention du médecin, c’est l’état de l’utérus, qui
— 19 —
doit se rétracter complètement. On s’assurera tout
d’abord par le toucher vaginal et par le palper
abdominal, non-seulement qu’il reste à sa place,
qu’il n’a pas été entraîné par le placenta, mais aussi,
toujours par ce dernier moyen, qu'il est fortement
revenu sur lui-même et qu’il forme une tumeur
dure,arrondie au-dessus du pubis sans aucune ten¬
dance à se dilater. Si l’utérus ne revient pas sur
lui-même spontanément et s’il menace d’êtrefrappé
d’inertie consécutive, on essayera de l’exciter par
des frictions répétées sur Thypogastre, on le fera
ainsi se rétracter et chasser tous les caillots qu’il
peut contenir. Après qu’on s’est aperçu de la ré¬
traction de l’utérus et de la cessation de l'écoule¬
ment, on doit examiner le périnée pour voir s’il a
conservé son intégrité.
Les linges souillés retirés et la femme arrangée
et pouvant se reposer, le médecin doit rester en¬
core quelque temps, au moins une heure, avec
elle, pour veiller à ce qu’il ne survienne pas d’ac¬
cidents. La femme ressent un besoin impérieux de
sommeil, mais il ne faut pas la laisser seule pen¬
dant son sommeil, en prévision du danger qui
existe d’hémorrhagie. Il faut pendant qu’elle dort
surveiller avec une grande attention le faciès et
l’état du pouls,: afin de pouvoir intervenir à la pre¬
mière indication. Le médecin doit examiner une
dernière fois l’état de la rétraction de l’utérus avant
de partir. ,o ■■ ï ■ .
— 20 —
Si ia femme doit nourrir, on recommande de
mettre l’enfant au sein, après quelques heures,
aussitôt qu’elle sera un peu reposée. De cette ma¬
nière, elle sera moins prédisposée à avoir des
tranchées utérines intenses. Trousseau conseille
cette pratique pour d’autres raisons, ce « qu’a
l’avantage d’une part de façonner le mamelon
pour la succion ; d’autre part, de débarrasser les
conduits galactophores du colostrum qui s’y est
concrété; en troisième lieu, de faire prendre tout
de suite au nourrisson de bonnes habitudes (1). »
III.
DES SOINS A DONNER APRÈS L’ACCOUCHEMENT
La première visite du médecin après l’accouche,
ment ne doit pas être différée ; ce ne sera pas faire
preuve d’une prudence exagérée que de se rendre
auprès de l’accouchée dans les huit ou dix heures
qui suivent. Dans les visites qui suivent l’accou¬
chement, le médecin doit s’informer avec exacti¬
tude de l’état général de la femme. C’est l’aspect
de la malade et l’examen de son état nerveux qui
pourront fournir les renseignements nécessaires,
et cela, au besoin, sans que la malade s’en aper¬
çoive. C’est ainsi qu’elle peut n’être pas remise de
(1) Trousseau. Clinique médicale, t. III, p. 160.
— 21 —
la faiblesse résultant du travail, ou bien, au con¬
traire, présenter une excitation exagérée. Dans les
deux cas, l’attention du médecin sera éveillée, et
il cherchera immédiatement le point de départ de
cet état anormal.
Mais c’est avant tout par T examen du pouls et
de la température qu’il doit se guider. Le pouls,
surtout, doit être soigneusement interrogé à cha¬
que visite. A un moment plus ou moins éloigné de
la fin du travail, mais dans l’espace des premières
vingt-quatre heures, il y a, le plus ordinairement,
un ralentissement considérable des pulsations qui,
de 75 pris comme chiffre physiologique, descen¬
dent à 56 et même souvent au-dessous.
Il a été constaté que ce ralentissement dure
pendant trois ou quatre jours chez la primipare et
plus longtemps chez la multipare. Nous n’avons
pas besoin d’ajouter que le pouls doit être pris
toujours dans la même position. Pendant la fièvre
de lait ce ralentissement est, la plupart du temps,
moins considérable et on voit quelquefois, mais
rarement, il est vrai, le pouls reprendre sa fré¬
quence normale. On comprend que la connais¬
sance de ces laits est indispensable au médecin,
pour que, d’une part, il ne s’inquiète pas en con¬
statant un phénomène qui, dans Ces circonstances,
est physiologique, et pour que, d’autre part, il se
tienne sur ses gardes et ne méconnaisse pas le
commencement d’un mouvement fébrile.
- n —
« Il arrive, en effet,, quelquefois, surtput si les
accidents inflammatoires rie sont pas tout d’abord
d’une très-grande gravité, que le pouls, tout en
s*accélérant notablement, ne dépasse pas le chiffre
qù’on pourrait regarder comme l’état normal, et
alors dans ces cas, si on ne tient pas ,un compte
suffisant de la chaleur de la peau, on peut laisser
passer inaperçus des accidents qu’il serait utile de
combattre immédiatement » Et l’éminent observa¬
teur (1) rapporte à l’appui de ces remarques le fait
suivant, que nous nous permettrons de citer, ear
il prouve combien ces détails, légers en apparence,
exposent à des dangers sérieux :
ce C’est ainsi que j’ai vu une femme qui, au mo¬
ment où le pouls était tombé à 44, fut prise d’une
métrite qu’un confrère, très-expérimenté, mécon¬
nut au début parue qu’à ce moment le pouls ne
battait que 75 fois par minute- En me souvenant
du ralentissement qui existait la veille, en tenant
compte de la chaleur de la peau et d’un léger
frisson survenu pendant la nuit, je pus dire que
cette femme était dans un état pathologique déjà
assez sérieux, quoique son pouls ne battît que 75
fois par minute.
« Mon avis ne prévalut pas; aucun traitement
actif ne fut institué et le soir inênie le pouls était
mpnté à 120 ; des douleurs abdominales vives exis-
■ : :
(1) Blot. Archives de médecine, 1864. .
taient et des émissions sanguines locales r quoique
assez abondantes, ne purent triompher complète¬
ment des accidents, par cela seul que le traitement
avait été appliqué six heures trop tard,
« Dans de pareilles circonstances on devra donc
toujours avoir égard au degré de ralentissement,
antérieur au début de la maladie, et se laisser
guider, pour appliquer le traitement nécessaire,
bien plus stir les autres phénomènes concomi¬
tants que sur le degré de fréquence absolue du
pouls.'/
En cas de doute, on aura toujours recours à
l’exploration de la température et les variations
thermométriques décideront, s’il y a lieu ou non,
de craindre, d’un côté, un affaissement considéra?-
ble des forces vitales, de l’autre, l’invasion d’un
état fébrile.
Selon Schrôder (1) « le thermomètre,' chez les
femmes en couches, décèle avec tant de précision
les moindres perturbations que l’on peut tant que la
température reste au-dessous de 38° ou ne dépasse
que fort peu ce chiffre s’abstenir d’exploration in¬
terne, et si en outre le pouls est très—lent, il faut
considérer cela comme la preuve que tout se passe
dans Tordre parfaitement normal.»
L’utérus doit être l’objet d’une observation quo¬
tidienne portant sur son volume et sur sa sensi-
bilité.
(4) Schrôder, Manuel d’accouchements, etc.
- U —
Hâtons-nous de dire que pour cet examen il suf¬
fira de pratiquer le palper abdominal sans avoir
recours au toucher vaginal, qui doit être évité au¬
tant que possible. D’après les résultats des recher¬
ches du D r Wieland (1), sur la rétraction de l’utérus,
il ne se fait de diminution régulière et progressive
qu’après l’établissement de la sécrétion lactée. Dur
et contracté immédiatement après l’expulsion du
placenta, l’utérus augmente de volume d’un degré
insignifiant pendant les heures qui succèdent;
il diminue de nouveau ensuite, tout en ( restant
mou et moins contracté pendant l’état conges¬
tionné des seins. On ne le voit disparaître dans
l’excavation pelvienne que le onzième ou le dou¬
zième jour chez les primipares et le treizième chez
les multipares.
Dans un travail plus récent en parlant du re¬
trait de l’utérus, après l’accouchement, le doc¬
teur Autefage fixe à peu près la même époque (2).
Ces considérations sont d’une grande utilité au
point de vue pratique, car la femme étant, sous
tout autre rapport, en bonnes eonditiôns, c’est le
degré de retrait de l’utérus, qui doit déterminer
la durée de son séjour au lit. 11 n’y a point de
limite réglée et arbitraire, s’appliquant indiffé¬
remment à tous les cas, pour déterminer le mo-
' ' ■ - . ■ ■
(1) Wieland. Thèse de Paris, 1858, n # 305.
(2) Autefage. Thèse de Paris, 1869, no 309.
' .ois .eJosmsdouboos'h testa** jnfcferfaë -i ) .
— 25 —
ment ou la femme pourra se lever impunément
pour la première fois. Même quand les neuf jours
sacramentels se sont passés sans accidents et que
la femme demande, avec insistance, à quitter le
lit, le médecin doit avoir uniquement égard à
l’état de l’utérus et à son degré d’involution, pour
accorder cette permission. Il faut attendre que
l’utérus ait complètement disparu au-dessous du
détroit supérieur du bassin, si on ne veut s’expo¬
ser à des accidents. Le retrait de l’utérus n’a lieu
qu’en l’absence de maladies intercurrentes, non-
seulement de celles qui ont leur point de départ
dans l’utérus lui-même, mais aussi bien des au¬
tres maladies inflammatoires qu’on voit survenir
si souvent dans l’état puerpéral, comme, par exem¬
ple, pour ne citer que les plus communes, les af¬
fections thoraciques. On a remarqué que . même
les gerçures au sein qui ont duré un certain temps;
influent sur l’état de l’utérus en empêchant ce
retrait régulier.
En dehors de toute maladie on voit quelquefois
l’utérus rester stationnaire ou même remonter
considérablement dans l’abdomen, quelquefois il
remonte même au-dessus de^l’ombilic et on serait
embarrassé et même inquiet, si on n’avait pas pré¬
sente à l’esprit la possibilité de la distension de la
vessie.
C’est, en effet, là une cause fréquente d’erreur.
Dans ces circonstances, on trouve, non-seulement
b. *
l’utérus refoulé en haut, mais on peut constater
une dilatation considérable et une augmentation
réelle de volume. On peut s’assurer de ce fait par
l’examen hystérométrique* II suffira, dans ce cas,
de pratiquer le cathétérisme, pour voir l’utérus
redescendre et revenir à son volume antérieur.
Nous avons été nous-même témoin dans ces
derniers temps d’un fait analogue, qui s’est passé
dans le service de M. le professeur Depaul.
En observant les précautions que nous venons
d’énumérer, on évitera bien des erreurs et même
de réels dangers. Les femmes qui ne veulent pas
se soumettre à ces indications s’exposent, en effet,
non-seulement à des inconvénients sérieux, mais
peuvent même compromettre leur vie. Elles pour¬
raient de nouveau voir apparaître les lochies san¬
guinolentes ou être prises, par suite de refroidis¬
sement, de quelque maladie inflammatoire, ou
encore voir survenir un déplacement de l’utérus.
Ce dernier accident est assez fréquent comme
conséquence d’une pareille imprudence, et se ren¬
contre surtout chez les femmes delà campagne.
C’est chez elle, en effet, que sa présentent avec la
plus grande fréquence les chûtes de l’utérus, aussi
bien que les flexions et les versions.
On s’explique facilement le mécanisme de ces
accidents en se rappelant l’état de relâchement des
ligaments, le poids plus considérable de l’organe
gestateur dans les premiers temps, qui succèdent
— 27 —
à l’accouchement, et la pression de la masse in¬
testinale. En supposant que tout marche dans
l’ordre régulier et normal, la femme pourra dans
les cas ordinaires sortir du vingtième au vingt-
neuvième jour et elle pourra reprendre à partir
de ce moment ses occupations ordinaires* mais
graduellement et peu à peu.
N’oublions pas qu’en même temps qu’on exa¬
mine l’utérus tous les jours pour constater son
volume, on devra porter la plus grande attention
sur l’état de l’abdomen en général, et s’assurer
par le palper et la percussion s’il n’y a pas de
tympanisme, symptôme qui est toujours de mau¬
vais augure.
Outre le volume de l’utérus, on doit pendant
les premiers jours explorer au moyen du palper
abdominal fait avec douceur, l’état de sensibilité
de cet organe et de l’abdomen en général. Une
douleur naissant ou augmentant à la pression fe¬
rait soupçonner le début de quelque accident dont
le devoir du médecin est de chercher la cause.
Après les accouchements un peu difficiles et
prolongés, on constate souvent un léger degré
d’hyperesthésie, mais qui disparaît de bonne heure.
Si au contraire, ces douleurs constantes ne se
montrent qu’après le deuxième ou le troisième
jour et se généralisent, on aura à craindre quelque
localisation inflammatoire et on doit se mettre
immédiatement à en préciser la cause et à insti-
tuer un traitement approprié. « Chacun sait en
effet combien il est important d’agir dès le début
dans les inflammations puerpérales; quatre ou
cinq heures de retard peuvent rendre inefficace le
traitement le plus rationnel. Ici, plus qu’en aucune
autre circonstance, il faut observer le principe
thérapeutique ,principiis obsta.'»
Il nous reste à parler des lochies, point impor¬
tant en ce qu’il dénote souvent des troubles qui
passeraient inaperçus. Cet écoulement physiolo¬
gique provenant de l’utérus, débute peu de temps
après la délivrance et paraît tout d’abord sous la
forme de sang pur. Au bout de deux jours, il de¬
vient sanguinolent et cesse ou diminue pendant la
montée du lait, pour disparaître de nouveau et
prendre l’aspect blanc jaunâtre, purulent vers le
huitième et disparaître enfin au bout d’un temps
qui varie entre quinze jours et trois semaines. Il
persiste quelquefois jusqu’à l’époque du retour des
règles, chez les femmes qui n’allaitent pas.
Le médecin doit surveiller toutes les phases que
parcoutcet écoulement et être prompt à constater
les variations qui pourraient indiquer l’existence
d’un état morbide. La fétidité de l’écoulement, sa
suppression subite et précoce, devrait éveiller l’at¬
tention et faire chercher l’état pathologique qui en
est la cause. Il y a d’autres variations qu’on peut
rencontrer. Les lochies peuvent rester trop long¬
temps sanguinolentes ou purulentes ou dans l’une
— 29 —
ou l’autre dé ces deux périodes elles peuvent être
trop abondantes.
Dans le premier cas, où l’écoulement sangui¬
nolent durerait longtemps, cette durée peut être
due à plusieurs causes. Si elle tient à une ulcéra¬
tion plus ou moins étendue du col de l’utérus due
aux déchirures faites au moment de l’accouche¬
ment, on traitera le mal par de légères cautéri¬
sations répétées. Il se pourrait qu’il prît son ori¬
gine dans une irritation locale provoquée par une
constipation opiniâtre, sans lésion appréciable. Il
pourrait en outre dépendre d’un état fébrile pas¬
sager, ou au|contraire résulter d’une débilité géné¬
rale. Dans le dernier cas, une médication tonique
est la seule appropriée. Si c’est l’écoulement puru¬
lent, qui persiste au delà du temps normal, ou se
montre en quantité exagérée, la cause pourrait
être la même que dans ; le cas précédent, mais le
plus souvent, l’anomalie serait liée à une métrite
catarrhale ou à un phlegmon périutérin, et on lui
opposerait un traitement antiphlogistique et des
injections astringentes.
Un des premiers points sur lesquels le médecin
doit fixer son attention en revoyant pour la pre¬
mière fois la malade est le fonctionnement de la
vessie. Il arrive souvent qu’il y a une rétention
d’urine qui peut suivre immédiatement l’accou¬
chement ou survenir quelques jours plus tard.
Elle résulte dans les deux cas de la compression
— 30 —
exercée sur la vessie par la tête de l’enfant pen¬
dant un séjour trop prolongé dans l’excavation
pelvienne, mais dans le second, il y a ordinaire¬
ment de l’inflammation, tandis que dans le pre¬
mier, la rétention tient à une simple paralysie
passagère. Si le médecin ne s’en inquiétait pas,
cet accident pourrait passer facilement inaperçu,
jusqu’au moment où il provoquerait des sym¬
ptômes graves, car la femme peut ne pas se sentir
incommodée. 11 pourrait arriver que la seule indi¬
cation de ce fonctionnement incomplet fût un
simple malaise ou une douleur peu prononcée du
bas-ventre, ou bien un léger mouvement fébrile,
que le médecin pourrait bien ne pas attribuer à
sa véritable cause s’il se bornait simplement à in¬
terroger la femme. Elle peut même croire sa vessie
vide alors qu’il y reste encore beaucoup de liquide
et que l’organe est assez distendu pour s’élever
au-dessus du pubis et former une tumeur proé-
minante, appréciable à l’œil. Pour éviter une mé¬
prise si fâcheuse et qui peut être si facilement
évitée, le médecin doit s’assurer régulièrement à
ehaque visite pendant les deux ou trois premiers
jours du véritable état de la vessie. S’il constate
l’existence d’une paralysie, il doit veiller à ce que
la vessie soit complètement vidée par le cathété¬
risme deux ou trois fois par jour, jusqu’à la dispa¬
rition de ce trouble passager et jusqu’au retour de
l’organe à son activité normale.
La constipation qui suit habituellement l’accou-
— 31 —
chement résulte souvent d’une paralysie du rectum
due à la même cause que celle de la vessie ; elle
peut continuer jusqu’à l’apparition de la sécrétion
laiteuse, et même au delà de cette époque, sans
qu’il résulte aucun inconvénient. Ici il n’y a plus,
comme pour la vessie, la nécessité d’intervention
immédiate, mais si la constipation persiste, ou
détermine de la céphalalgie, de l’insomnie, etc.,
ou un simple malaise, il y aura indication à la
combattre, par l’administration de quelques laxa¬
tifs légers, administrés sous forme de lavements
ou par la bouche. Même avec une constipation
opiniâtre, il faut toujours éviter des drastiques et
se tenir bien sur ses gardes en prescrivant les au¬
tres purgatifs, car leur emploi ne paraît pas être
sans influence sur l’étiologie des accidents inflam¬
matoires (1). « A l’hospice de Stockholm, de
116 femmes en couches purgées, 32 furent at¬
teintes de métro-péritonite et 5 succombèrent,
tandis que des 108 auxquelles on donna des lave¬
ments simples, 18 présentèrent des symptômes de
métro-péritonite et une seule mourut. »
Les seins qui ont commencé de bonne heure,
pendant la grossesse, à subir des modifications
dans leur aspect et dans leur volume, ne com¬
mencent pourtant leur fonctionnement complot
que deux ou trois jours après l’accouchement.
♦
(1) Jacquemier. Manuel des accouchements, t, II, p. 596.
— 32 —
Pendant les premières vingt-quatre heures après
l’accouchement, un liquide sucré, jaunâtre, est
sécrété par les glandes mammaires. Au bout de
quarante à soixante heures, les seins se gonflent
et durcissent, et il y a un développement considé¬
rable des veines sous-cutanées de cette région, qui
deviennent visibles à travers la peau. Ces phéno¬
mènes précèdent la vraie sécrétion lactée, et con¬
stituent ce qui est appelée, peut-être impropre¬
ment, la fièvre de lait. 11 y a des différences d’opi¬
nion quant à l’existence d’une fièvre liée à la
sécrétion lactée. Quelques auteurs n’y croient pas.
D’autres l’admettent, et un troisième groupe n’ad¬
met qu'un mouvement sub-fébrile, indiqué par
une élévation de température peu prononcée, et
une légère augmentation dans la fréquence du
pouls. En tout cas, on observe quelquefois des
troubles généraux accompagnant ces changements
dans l’état des seins ; par exemple, la céphalalgie,
l’anorexie, la soif, la chaleur et la sécheresse de
la peau, le tout précédé quelquefois par de légers
frissons. Ces symptômes disparaissent ordinaire¬
ment au bout de douze ou trente-six heures, en
se terminant par une transpiration abondante. Ils
se montrent souvent chez les primipares et chez
les femmes qui commencent à allaiter de bonne
heure. S’ils débutent par un frisson très-prolongé,
et si la fièvre continue plus longtemps, le médecin
cFoit s’en préoccuper, car il y aura probablement
une phlegmasie qui commence.
— 33 —
Chez les femmes qui n’allaitent pas, il sera
quelquefois nécessaire d’intervenir pour diminuer
l’engorgement douloureux des seins. Pour cela,
on appliquera des cataplasmes, et si cela ne suffit
pas, on emploiera des sudorifiques et des pur¬
gatifs.
Le fonctionnement de la peau devient ordinai¬
rement très-actif après Taccouchement. On aalorsà
prévenir contre tout refroidissement, comme aussi
contre une couverture trop chaude qui ne ferait
qu’exagérer cet état continuel de transpiration.
Les tranchées utérines dues aux contractions de
l’utérus, surviennent ordinairement peu de temps
après la délivrance, et ne se prolongent pas,
dans la plupart des cas, au delà de la fièvre de
lait. Ces contractions douloureuses sont, le plus
souvent, provoquées par quelque corps étranger
retenu dans l’utérus, comme, par exemple, des
caillots formés par accumulation de liquide dans
la cavité ou par des débris de membranes. Ils se
développent surtout après un accouchement très-
facile et rapide, dans les cas où l’utérus étant
très-distendu, montrerait un certain degré d’iner¬
tie dans ses contractions « post 'partum , » et dans
toute autre condition qui s’oppose au retrait gra¬
duel et complet de l’organe, et favorise l’engorge¬
ment de ses parois.
On les rencontre plus souvent chez la multi¬
pare où elles se montrent avec une fréquence et
B. 5
— 34 -
une intensité augmentant avec le nombre des
couches.
Il est nécessaire de bien reconnaître les carac¬
tères de ces douleurs, afin de ne pas les confondre
avec celles qui seraient l’indice d’une inflammation
commençante. On les différencie facilement par
leur intermittence, par le soulagement que leur
apporte la pression abdominale, par l’absence de
réaction fébrile, et enfiq par l’augmentation dans
l’écoulement lochial au moment où la femme en
souffre.
D’ordinaire, il n’y a pas de raison pour interve¬
nir tant qu’elles ne donnent pas lieu à de trop vives
souffrances, puisque c’est plutôt un résultat salu¬
taire que fâcheux qu elles accomplissent, en effec¬
tuant un retrait rapide de l’utérus, et le dégorge¬
ment de ses parois. Cependant, si la douleur était
excessive, on devrait essayer de la calmer par des
cataplasmes et des lavements laudanisés. Il serait
peut-être mieux, chez les femmes qui en ont déjà
souffert dans des accouchements antérieurs, d’em¬
pêcher ces douleurs de se reproduire.
La question du régime de la femme récemment
accouchée est d’une importance considérable. Se¬
lon la méthode classique, la nouvelle accouchée,
suivant un régime sévère, ne mangeait que des
potages et des bouillons pendant les premiers
jours après l’accouchement. Mais, on a trouvé
qu’en permettant à la femme plus de liberté en
— 35 —
fait d’alimentation, et même en consultant son
propre goût dans des limites raisonnables, elle
n’en souffrait pas. Non-seulement les femmes n’en
souffraient pas, mais les résultats obtenus en sui¬
vant eette méthode étaient positivement meilleurs;
car, avec le nouveau régime on a remarqué que
les convalescences ont été plus rapides que lors¬
que les femmes étaient mises à la diète. « Il y a
cependant, « comme dit M. Playfair (1) en parlant
de l’ancienne méthode, « une tendance chez quel¬
ques médecins, à tomber dans l’erreur en sens
opposé, ce qui les mène à insister pour que la femme
mange des aliments solides trop tôt, avant qu’elle
ait retrouvé son appétit, régime qui finit par pro¬
voquer des nausées, de l’embarras gastro-intes¬
tinal. »
Un régime léger, des bouillons, des potages,
des œufs, du lait, etc., lui suffiront pendant les
premiers jours; car, d’après ce qu’on a observé,
l’appétit de la nouvelle accouchée est diminué, et
ne reparaît qu’après un certain temps. Une fois
qu’il est revenu, elle peut manger de la viande ;
plus tard, des légumes, et après que la sécrétion
laiteuse s’est faite, elle peut reprendre son régime
ordinaire.
(1) Playfair Treatrise on the Science und Practice of Midwi-
fery, pi 251.
QUESTIONS
SUR LES DIVERSES BRANCHES DES SCIENCES MÉDICALES
Anatomie et histologie normales. — Articulations de la tête.
Physiologie. — De la sécrétion des larmes et des voies
qu’elles parcourent pour arriver à l’extérieur.
Physique. — Hygrométrie. Effets de l’humidité de l’air ;
ses variations.
Chimie. — Des combinaisons de F arsenic et dé l’anti¬
moine avec l’oxygène; préparations et propriétés de ces
combinaisons.
Histoire naturelle. — Caractères généraux des poissons ;
leurs classifications ; des poissons électriques; des poissons
toxicophores ; des huiles de foie de poisson (morue, raie,
squale, etc.), de l’icbthyocolle ou colle de poisson.
Pathologie externe. — Du traitement des luxations com¬
pliquées de fractures.
Pathologie interne. — Des pneumonies secondaires.
Pathologie générale. — De l’influence des âges sur les
maladies.
Médecine opératoire .— Du cathétérisme de la trompe
d’Eustache.
Anatomie pathologique. — Etude anatomique de la throm¬
bose.
Pharmacologie. — De l’éther emplcyé pour la préparation
des teintures éthérées; comment prépare-t-on celles-ci ?
qiielles sont celles cjui sont le plus employées? quels sont
les principes que l’ether enlève aux plantes?
Thérapeutique. — De la dose médicamenteuse suivant les
âges et les diverses conditions individuelles.
Hygiène. — De la densité et de la raréfaction de l’air dans
leurs effets sur l’organisme.
Médecine legale. — Quels sont les moyens à employer pour
prendre l’empreinte des traces de pieds ou autres sur la
boue, la neige, etc.?
Accouchements. — De la grossesse extra-utérine.
Vu : Le président'de la thèse, Vu et permis d’imprimer :
DEPAUL. Le vice-recteur de l’Académie,
MOUR1ER.